Nouvelle ou roman ?

Enfin le voilà, le deuxième billet !… On va croire que je dors, que j’hiberne, que je fais ma marmotte ou mon gros nounours dans sa grotte. Mais non. Je ne dors pas, et l’hivernage est terminé, mais la vie nous réserve des surprises, elle a ses exigences, nos choix, face à son pouvoir, sont relatifs et limités. Alors que faire d’autre que d’accepter ses décisions et de s’y soumettre ?

Après tout, tant qu’il y a de la vie…

Alors voilà, disons que j’ai fait une « pause », mot très prisé dans mon Sud-Ouest pour dire qu’on arrête tout, sans forcément y revenir (et sans même en avoir eu l’intention). Mais comme je ne suis pas réellement du Sud-Ouest, n’y étant pas née, pour moi, le mot « pause » garde tout son sens : arrêt ou plutôt suspension provisoire.

Suspension relative : je n’ai cessé ni d’être, ni de faire — au moins, ce qui m’était possible — mais suspension tout de même.

J’ai dû travailler moins et il m’a fallu, pendant quelques temps, me retirer un peu de la vie ordinaire, pas vraiment de bon cœur, je l’avoue, mais j’ai profité de ce repos forcé pour lire… des nouvelles, beaucoup, et même énormément, mais aussi des romans. Pour le reste, j’ai pris du retard en tout.

Mais me revoilà.

Vous vous impatientez ? Je l’espère bien. Non que j’y croie, mais bon, je suis là et je reprends doucement mes activités et le chemin des salons.

En tout cas, on pourra me revoir, en chair et en os, sourire aux lèvres et stylo en main, ce Dimanche 5 juin au Festival du livre de Ste Foy de Peyrolières (31), un salon que j’aime tout particulièrement. En partie, sans doute, à cause du nom de cette ville qui sonne chaud à mon oreille, mais, surtout, parce qu’on y reçoit un accueil sympathique et amical et que ce salon-festival reste de taille humaine, ouvert à une poignée d’auteurs choisis, et que cela me convient. Je n’ai guère de goût, je dois l’avouer, pour les grandes foires aux livres, où l’on se presse autour du dernier succès à la mode ou à la table de pipoles illettrés en mal d’écriture nègre.

À Ste Foy, rien de tout cela. La pluie y est mouillée, le soleil accueillant, et les auteurs sont des « vrais gens », comme vous, comme moi. J’y retourne chaque fois avec un franc plaisir. Mais est-ce qu’on peut expliquer vraiment d’où nous viennent nos coups de cœur ?

Cette année,  cerise sur le gâteau — c’est bon les cerises — on m’a demandé de débattre (en fait non, on ne m’a rien demandé, je l’ai appris en lisant le programme : jolie surprise non ? et jolie preuve de confiance. Merci Jo)… et zut, faut pas forcer sur la parenthèse : voici ma phrase en suspension, elle aussi !

Bon, reprenons juste après, et poursuivons : ce dimanche, au festival de Ste Foy, donc, je vais débattre sur le thème « le roman et la nouvelle », thème de ce festival 2016. Je représenterai donc et défendrai, pour l’occasion, la Nouvelle, Colette Berthes, le Roman. Enfin c’est ce qui est écrit sur la brochure. Avec et contre Colette, la guerre, s’il y a guerre,  risque de se montrer plutôt plaisante, armes au vestiaire et fourbies en pure forme. La nouvelle et le roman sont-ils frère-sœur ennemis ?

Honnêtement, qui pourrait penser une chose pareille ?

Enfin… on verra ça dimanche.

Cependant, que roman et nouvelle soient ennemis jurés ou pas, il est certain que cette dernière a sacrément besoin d’être défendue. Pas contre le roman, mais contre les lois impitoyables du marché. La crypto-littérature n’a guère de chance dans ce monde mercantile où seul compte le chiffre des ventes. La nouvelle ne se vend pas ? et alors ?

Sortons la des cartons, des dessous des tables, des greniers poussiéreux, mettons la bien en vue, pipolisons la, elle se vendra. Il y a en a qui l’aime. Pourquoi pas les autres ?

Parce–qu’ils–ne–la–voient–pas.

Il faut qu’on lui redonne, à la nouvelle, une place digne d’elle, ça urge, que des éditeurs courageux et vaillants osent et prennent réellement sa défense, la fasse connaître. Que les libraires se risquent à mettre la nouvelle sur leurs tables et leur attribuent leurs « coups de cœur », que les bibliothèques en invitent les auteurs et en garnissent hardiment leurs rayons.

Ne plus avoir accès aux nouvelles, ou difficilement, comme c’est le cas actuellement, c’est être amputé d’une part précieuse de notre littérature. Non, ce n’est pas la guerre entre roman et nouvelle, leurs territoires sont voisins, et chacun d’eux mérite sa place auprès de nous.

Sur cette déclaration militante, je brandis une dernière fois ma banderole : « La nouvelle ! La nouvelle ! »  Il faut savoir défendre les minorités opprimées.

À la revoyure.

 

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Mon second premier billet

Wou la la ! Mon premier billet le voilà… Mais si ! Aujourd’hui, j’ai décidé de m’y mettre.

Bon, on va me  rétorquer :

— Et si tu terminais d’abord le reste du site ? À « Presse », c’est encore vide, sans parler de ta « Biographie plus complète, pour les curieux » et rien non plus à « Animations »… de quoi les décevoir les curieux, tu ne crois pas ? Même si le reste est assez bien en place.

— Ah ! mais tout de même, il y a déjà trois photos  en avant-première dans « Biographie plus complète » et mettre des photos, c’est long et un peu barbant (enfin,  je trouve, moi).

— Si tu achevais plutôt le texte commencé avant d’aller te disperser dans un blog ? Ce serait plus raisonnable.

— Ce serait peut-être plus raisonnable, mais je n’ai pas envie d’être raisonnable. Pas aujourd’hui en tout cas. Et ce texte sur ma Bio, il est commencé, c’est déjà ça, le reste viendra plus tard. À « Biographie », il y a de quoi lire en attendant : mes réponses à l’ER, ma bio rapide… Et j’ai dû préparer ma Rencontre-lecture pour le « Printemps des poètes », ça m’a pris du temps. À cause de la musique.

— Tu étais obligée de mettre de la musique ?

— Non bien sûr, mais j’en ai eu envie. Parce que j’aime la musique et que je me suis rappelé qu’une de mes nouvelles avait été mise en onde par la RTBF, et que c’était beau, c’était chouette, c’était vivant. J’ai eu envie de faire un peu la même chose, du moins essayer, m’en rapprocher, et je l’ai tenté. Avec les moyens du bord. Pendant quelques jours ou même quelques semaines, je n’ai plus fait que ça, quasiment…. Et, hier, justement,  le jour du printemps, ç’a été le grand moment.

Avec mon technicien perso, nous avons présenté 1h de lecture en musique à la bibliothèque de Moissac, huit poésies et deux nouvelles (Merci à « Lire sous ogives », merci à Nicole et Jean-François et merci à Elsa, et à Jean-Pierre  pour le pied de micro).

Pendant une heure, moi qui aime tant bouger et ai du mal à supporter  (ne serait-ce que l’idée) d’être bridée,  j’ai dû m’accrocher audit micro, le coller à mes lèvres — tout contre même, et m’agripper au pied. Sinon, je me connais, je me serais mise à  gigoter et fallait pas, il paraît — ces micros-là, ça ne supporte pas qu’on prenne un peu de distance m’a-t-on dit (et les essais, hélas, l’ont confirmé). Alors je me suis inclinée et, malgré l’inconfort horrible (en tout cas pour moi) de cette position, j’ai lu mes textes, en étant tout à la fois, la narratrice, une petite fille qui trottinait, une vieille à la tête tourneboulée, un homme le dos au mur que le vent qui emporte une lettre, un crayon usé qu’on ramasse dans une cellule, l’œil noir du loup qui guette l’aventurier et la corne qui appelle. Et, toujours collée à mon  micro, suivre ma partition. Car, oui, c’était une sorte de partition que nous avions, mon technicien perso et moi. Quand musique et texte doivent coïncider, comment faire autrement ? Si vous aviez pu voir nos feuilles : couvertes d’annotations, de signes cabalistiques, de couleurs, de repères.

Alors, voilà, j’avais envie de vous dire qu’une fois tout fini,  j’étais vannée certes, mais que votre présence à tous, votre écoute attentive, le silence qui flottait dans la salle, votre enthousiasme et vos réactions une fois que tout a été fini, m’ont fait pensé que oui, j’avais bien fait de tenter la chose…

Merci à vous, mes amis et lecteurs, et merci à Arnaud d’avoir partagé cette aventure avec moi.

 

♥ voir le site du Printemps des poètes